Donner une deuxième chance aux jeunes femmes : le programme de compétences techniques du FAWE

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L’éducation aide les personnes les plus vulnérables à transformer leur vie. Estelle Bangura, vingt-quatre ans, en est la preuve vivante.

Estelle Bangura et sa filleEstelle Bangura et sa filleIl y a quatre ans, Estelle était une mère célibataire qui avait abandonné l’école secondaire et vivait dans la misère. Elle a eu une chance de refaire sa vie grâce à un programme qui aide les filles et les jeunes femmes déscolarisées dans les pays en situation de conflit à acquérir les compétences appropriées à la vie et au travail. Aujourd’hui, Estelle est une femme indépendante avec un bon travail, capable non seulement de se prendre en charge elle et sa fille, mais aussi ses parents et sa famille.

« J’ai traversé beaucoup de problèmes, mais je remercie Dieu de m’avoir aidée à les surmonter », a-t-elle déclaré. « S’occuper d’un enfant tout en allant à l’école n’a pas été une chose facile. Pendant toute une année, j’ai consacré mon temps et mes efforts à mes études et maintenant je suis fière de dire que je suis autonome et capable de subvenir à mes besoins ».

Estelle est née dans un petit village du nord de la Sierra Leone. Le pays, connu pour ses diamants de la guerre, a émergé de neuf années de guerre civile en 2000. Il est classé à la 180ème place de l’Indice du développement humain du Programme de développement des Nations unies (PNUD) sur 187 pays et se classait parmi les 10 pays les plus pauvres du monde selon de l’Indice de pauvreté humaine du PNUD en 2005. 

Née dans une famille de huit enfants d’un père polygame marié à trois femmes, Estelle a été la première fille de sa famille à être envoyée à l’école. « Mon père avait coutume de m’appeler « L’enfant de la chance », car c’est après ma naissance qu’il a trouvé un emploi stable d’agent de sécurité », a-t-elle déclaré. « C’est pourquoi il m’a envoyée de bon cœur à l’école lorsque j’en ai eu l’âge ».

Le père d’Estelle avait de grands rêves pour son « enfant de la chance ». Lors de sa dernière année d’école secondaire en 2007, il avait commencé les formalités pour l’inscrire à l’école d’infirmière. Mais la même année, Estelle est tombée enceinte. Non seulement elle a dû quitter l’école, mais elle a été chassée de chez elle par son père amèrement déçu.

Sans domicile et abandonnée par son petit ami, Estelle a été recueillie par une tante. « Ma mère a été la seule à me soutenir pendant ces longs mois. Elle s’est battue pour me nourrir moi et mon bébé », a-t-elle expliqué.

Estelle Bangura au travailEstelle Bangura au travailMais après deux ans passés à la maison avec son bébé, Estelle a entendu parler d’un programme mis en place par le Forum des éducatrices africaines (FAWE) et l’Agence danoise pour le développement international (DANIDA) en Sierra Leone en 2009. Le programme donne la possibilité aux filles déscolarisées d’apprendre des compétences techniques, professionnelles et entreprenariales afin d’accroître leurs perspectives d’emploi dans les secteurs formel ou informel.

Lorsqu’Estelle a entendu parler du programme, elle s’est décidée à tout faire pour reprendre ses études. 

« J’étais tellement désespérée de faire quelque chose que je me moquais même du type de cours offert », explique-t-elle. « Tout ce qui m’intéressait dans ma situation désespérée était d’y aller et d’étudier n’importe quoi pour assurer mon avenir. J’étais prête à faire tout ce qu’il fallait et à me consacrer à mon travail pour prouver au monde que je n’étais pas une personne inutile ».

Dans le cadre de ses travaux pour parvenir à l’égalité entre les genres dans l’éducation africaine et à l’égalité des opportunités pour les filles et les femmes africaines, le FAWE encourage les jeunes femmes comme Estelle à apprendre les compétences traditionnellement perçues comme étant réservées aux hommes. Estelle s’est inscrite au Centre des opportunités d’industrialisation de la Sierra Leone (SLOIC) à Makeni dans la province nord de la Sierra Leone pour étudier l’électricité dans le cadre du programme du FAWE.

Dans sa classe, Estelle faisait partie d’un groupe de 14 filles étudiant avec 34 garçons. Bien que les garçons se soient moqués du groupe de filles au début, Estelle est rapidement devenue leur amie et a commencé à étudier avec eux, ce qui lui finalement été utile.

« J’ai compris qu’ils s’organisaient en groupes pour travailler comme apprentis. A cause de ma situation financière, je leur ai fait promettre de me laisser les accompagner et ils ont commencé à m’amener avec eux dans leurs emplois à temps partiel. Ces apprentissages m’ont permis d’acquérir de l’expérience pratique », a-t-elle déclaré.

Le programme FAWE-DANIDA ne se limite pas simplement à aider les jeunes femmes à acquérir des compétences employables. Il soutient aussi ces nouvelles diplômées pour approfondir leur éducation et leur formation, à trouver un emploi approprié et à mettre en place leurs propres activités génératrices de revenus.

La société d’énergie Addax Bioenergy développe à Makeni, ville où Estelle étudiait, le projet Greenfield d’énergie renouvelable et d’agriculture. Le projet produira du bioéthanol destiné au marché national et à l’export ainsi que de l’électricité « verte » pour le réseau national de la Sierra Leone.

Eileen Hanciles, coordinatrice de l’Antenne nationale du FAWE de la Sierra Leone nous explique comment la détermination d’Estelle a porté ses fruits et lui a permis d’obtenir un emploi à Addax Bioenergy.

 « Grâce à la sensibilisation croissante en Sierra Leone en faveur de l’égalité des opportunités  de travail entre les deux sexes, le conseiller local de la zone de Makeni a contacté Addax Bioenergy sur les possibilités d’emploi pour les jeunes femmes », a-t-elle déclaré.

« La société avait un besoin urgent d’électriciens, mais elle n’a accepté d’employer des femmes que si elles répondaient à leurs critères professionnels. Le conseiller a contacté le SLOIC et trois filles ont été recommandées. Seule Estelle a été acceptée à l’issue de l’entretien d’embauche ».

Estelle Bangura (milieu) et ses collèguesEstelle Bangura (milieu) et ses collèguesAprès un an, Estelle est la seule femme employée comme électricien à Addax Bioenergy et sa petite fille a commencé l’école maternelle en septembre dernier. Elles sont toutes les deux le témoignage vivant de l’impact que l’éducation peut avoir sur la vie des femmes africaines.

Le programme d’enseignement et de formation techniques et professionnels (EFTP) du FAWE a été mis en place pour la première fois au Burundi, au Liberia et en Sierra Leone en 2009 et plus de 500 jeunes femmes se sont inscrites aux programmes d’EFTP la première année. Parmi les diplômées de 2011, 133 ont trouvé un emploi pertinent, tandis que 58 autres sont entrées en stage. Rien qu’en Sierra Leone, les inscriptions des filles aux programmes techniques et professionnels ont augmenté de cinq pour cent en 2009 à 65 pour cent en 2011. Le programme a été étendu à la Guinée, au Sénégal et en Somalie en janvier 2011.

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