Fatuma Mohammed, Ethiopie

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Mon père est mort quand j’étais petite et la responsabilité d’entretenir la famille est retombée sur les épaules de ma mère. Il nous était difficile de survivre avec ses  maigres revenus. Ma mère m’a donc confiée à une autre famille. Ils devaient s’occuper de moi et en retour je devais travailler pour eux…

Fatuma mainJe m’appelle Fatuma Mohammed. Je suis Ethiopienne et j’ai 22 ans. Je suis en dernière année d’études à l’Université Hawassa, en Ethiopie, j’étudie la biologie appliquée et je suis l’une des bénéficiaires du soutien du FAWE Ethiopie et de la Fondation David et Lucile Packard.

Je suis née en Ethiopie orientale, dans la ville historique de Harar. Mon père est mort quand j’étais petite et la responsabilité d’entretenir la famille est retombée sur les épaules de ma mère. Elle a commencé à confectionner des injera (galettes qui tiennent lieu de pain en Ethiopie) pour les vendre, à faire des lessives et des ménages pour d’autres familles mais il nous était difficile de survivre avec ses  maigres revenus. Quand la situation de notre famille a empiré, ma mère m’a confiée à une autre famille. Ils devaient s’occuper de moi et en retour je devais travailler pour eux. 

J’avais déjà reçu des rudiments d’instruction à la mosquée. J’avais tellement envie d’apprendre à lire et à  écrire que je suppliais toujours les enfants de cette famille de me lire ce qui était écrit sur les feuilles de papier dont on enveloppait les choses ! Leur mère a compris mon intérêt pour l’instruction et m’a amenée dans une école primaire proche où j’ai donc rejoint le cours préparatoire à l’âge de 7 ans. 

J’étais heureuse d’aller à l’école. Cependant, même si j’étais très jeune, j’avais beaucoup à faire. Comme je devais m’occuper des enfants plus jeunes et faire beaucoup de tâches ménagères, j’étais souvent en retard et absente de l’école. Alors, je suis repartie chez ma pauvre maman, qui était comme toujours débordée dans sa grande cuisine. Mais elle ne pouvait pas m’envoyer à l’école.

Fatuma Mohammed à son universitéFatuma Mohammed à son universitéJ’ai été alors placée dans une deuxième famille, dont la principale activité était la fabrication d’ustensiles traditionnels. Là, j’allais à l’école, mais je m’occupais aussi de leurs enfants, je les amenais à l’école, je tenais la maison et je vendais les ustensiles. Malgré tout cela, j’ai réussi à arriver jusqu’à la 7e année d’école.

A la fin, je n’ai plus réussi à supporter les insultes du père de cette famille et je suis rentrée à la maison. J’avais toujours très envie de poursuivre mes études. J’ai été placée dans une troisième puis, au bout d’un certain temps, dans une quatrième famille. La dame de la quatrième famille m’a soutenue  et c’est chez elle que j’ai achevé la 8e année d’école. C’est incroyable, mais j’ai été classée première de la 8e  classe et j’ai obtenu 90% de bonnes réponses à l’examen d’évaluation national. Grâce à Allah, j’ai persévéré et j’ai achevé ma 10e année d’école.

Pendant les vacances d’été, j’ai travaillé comme surveillante de parking,  j’ai acheté des fournitures scolaires avec les 200 birr (12$) que j’avais gagnés et je me suis donc inscrite en 11e année. Je suis allée vivre chez la mère d’un enseignant, je suivais les cours et je faisais des lessives pour gagner de l’argent. J’ai fini la classe de 11e mais j’ai dû quitter l’école à la suite d’un problème. Pour effectuer la 12e  année et achever mes études secondaires, je suis allée vivre dans une septième et dernière maison, tout en continuant comme à l’accoutumée à faire des lessives pour gagner de quoi survivre. Enfin, j’ai présenté l’examen d’admission en enseignement supérieur, j’ai obtenu 209 points et j’ai été admise à la faculté de biologie appliquée de l’université de Hawassa. Enfin, j’étais arrivée à l’université !

A l’université, il faut avoir de l’argent pour acheter des choses comme les fournitures scolaires et des vêtements. Il n’est pas possible de prendre un travail dans l’université et on n’a pas le temps de travailler à l’extérieur. De plus, l’université était loin - deux jours de route depuis l’endroit où je suis née - et il fallait trouver de l’argent pour le transport. J’étais très inquiète, je ne savais pas comme j’allais pouvoir arriver à l’université d’Hawassa. Je me suis inscrite à la mairie de ma ville pour demander une aide financière et heureusement l’administration, des amis et des voisins m’ont donné de l’argent. J’ai acheté de nouveaux vêtements et il me restait assez pour le transport et les fournitures scolaires.

Avec la petite somme que j’avais reçue et l’argent que j’avais gagné moi-même, j’ai commencé à étudier à l’université. Trois mois plus tard, j’ai vu une annonce sur le tableau d’affichage à propos du programme de soutien financier du FAWE-Ethiopie aux étudiantes défavorisées. J’ai aussitôt postulé pour demander cette aide. Mon dossier a été accepté et je suis devenue une bénéficiaire du programme du FAWE Ethiopie. Si je n’avais pas reçu cette aide, il est évident que j’aurais quitté l’université et perdu la chance pour laquelle j’avais sacrifié ma vie entière.

En dépit de tous les problèmes que j’ai affrontés, j’ai relevé les défis et je suis restée courageuse. Grâce à Allah, au FAWE et à la Fondation David et  Lucille Packard,  je suis maintenant au tableau d’honneur des élèves de 3e année d’université, avec une moyenne générale de 3.8.

Le programme du FAWE Ethiopie prévoit une allocation mensuelle, un tutorat, des composantes de sensibilisation sur la santé de la reproduction, le VIH/SIDA, les droits de l'homme ainsi que Tuseme, un outil d’autonomisation pour les jeunes qui veut dire  « Exprimons-nous ».

Au lycée, il n’y avait aucun accès à des informations sur la santé de la reproduction. J’étais absente des cours quand j’avais mes règles parce que je ne savais pas quoi faire et je n’avais pas les moyens d’acheter des serviettes hygiéniques. Certaines de mes camarades sont tombées enceintes et ont quitté l’école à cause du manque d’informations. Depuis que le FAWE Ethiopie a fait une intervention sur la santé de la reproduction à l’université Hawassa, je suis informée et j’ai un bon accès à des informations fiables et à des services sur la santé de la reproduction et la sexualité.

Il y a maintenant un kiosque polyvalent à l’Université Hawassa. Il tient lieu de centre d’informations sur la santé de la reproduction, de planning familial et il propose des produits à des prix subventionnés. Grâce à la formation reçue, je suis capable de gérer la question de la maturation sexuelle et de prendre des décisions éclairées en matière de santé de la reproduction. Le club sur la santé de la reproduction que le FAWE a créé dans notre université organise des débats sur la reproduction et la sexualité et je suis un membre actif de ce club.

Le FAWE intervient aussi à l’université Hawassa en proposant un atelier Tuseme pour développer l’affirmation de soi et le leadership. Depuis, je suis capable de prendre  la parole devant un auditoire, de revendiquer mes droits et j’ai pris la tête du club Tuseme de l’université, en tant que présidente.

Fatuma Mohammed et ses camarades d'universitéFatuma Mohammed et ses camarades d'universitéSi c’est la volonté d’Allah, quand j’aurai obtenu mon diplôme et après avoir  trouvé un emploi, je m’engage à rendre ce que le FAWE et la Fondation Packard ont fait pour moi. J’ai l’intention de travailler bénévolement pour le FAWE Ethiopie pendant un certain temps. Quand j’aurai un emploi, je tiens aussi à aider les autres étudiantes défavorisées de l’université dans leurs problèmes psycho-sociaux et économiques.

L’aide du FAWE Ethiopie et la Fondation David and Lucile Packard m’ont permis à moi et à mes camarades étudiantes en Ethiopie de réaliser nos rêves par  l’éducation. Grâce à cette aide, ce qui était impossible est devenu possible.  C’est la raison de notre succès sur l’échelle de l’éducation.

A toutes mes camarades, Ne perdez pas espoir, soyez courageuses et gardez la foi pour faire face aux défis !!

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