Sauvée par FAWE d’un mariage arrangé

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«J’ai échappé au mariage grâce au Centre d’excellence du FAWE»

Aminata TraoreAminata Traore
«J’avais 15 ans quand mes parents m’ont annoncé la nouvelle de mon prochain mariage avec un de mes cousins. J’étais désespérée, je ne voulais pas me marier aussi tôt pendant que mes copines allaient toujours à l’école et s’amusaient bien. J’étais vraiment traumatisée par l’idée d’avoir un mari qui va tout décider pour moi» dit Aminata Traore, une jeune fille de 16 ans de l’école Centre d’excellence du FAWE a Linsan, prés de Kindia, en Guinée Conakry. 

Cette jeune fille comme beaucoup de filles dans ce pays sont forcées au mariage à un très jeune âge pour diverses raisons : certains parents le font par ignorance, ne connaissant pas les conséquences, d’autres par attache a des habitudes culturelles, d’autres encore par misère pour se débarrasser d’une bouche à nourrir et avoir une petite dot et enfin par crainte de voir leurs filles tomber enceinte. 

Cette fille vient d’une ville située à un carrefour sur l’une des routes principales du pays. Dans le village de Linsan situé à 5 heures de route de la capitale Conakry le tôt de scolarisation est autour de 23% contre 77% sur le plan national. Linsan est une ville à risque pour des jeunes filles. Le village est situé sur la route principale du pays, a un carrefour célèbre qui est devenu une halte célèbre pour les conducteurs qui s'y arrêtent pour manger, se reposer et souvent pour trouver du plaisir avec une jeune fille  avant de reprendre la route. De ce fait, la prévalence du VIH est élevée et les parents  préfèrent  marier leurs filles très tôt (13-15 ans) pour éviter de les voir dans les bras   des voyageurs de passage. 

Les parents de Aminata vivent dans cette situation précaire et tentante. Ils ne comprenaient pas l’importance d’envoyer leur fille à l’école et avaient opté de la marier à un cousin pour lui éviter une grossesse ou une maladie infectieuse.

« Lorsque j’ai entendu parler d’une école ouverte dans notre village, j’ai simplement fait une fugue et je suis venue retrouver ma tante qui vit ici. Je lui ai demandé de me laisser aller a l’école au centre du FAWE en promettant de faire tous les travaux ménagers de la maison le matin avant de prendre la route pour presque une heure de marche vers l’école. Cela fait maintenant deux ans que je suis ici et je suis très heureuse d’aller à l’école, même si parfois les choses sont difficiles, surtout  pour nous les filles, car nous n’avons ni eau ni toilettes.»

« Moi je suis Amie Diallo, j’ai 14 ans et je suis en 10eme année. Je suis de Linsan ici et ma famille est vraiment pauvre. Nous sommes 8 dans la famille et je suis la seule fille à aller à l’école. Mon père fait partie de ceux qui ont construit cette école, j’ai utilisé cet argument pour lui forcer la main à me maintenir à l’école au lieu de me donner en mariage, comme ce fut le cas de ma sœur. C’est vrai que je vais au carrefour de Linsan parfois avec les autres filles et que j’ai un copain, mais je suis dans le club TUSEME et je sais comment me comporter et me défendre» nous dit une jeune fille très sure d’elle qui rêve d’être médecin un jour. Le TUSEME (voulant dire exprimons nous), est l’une des composantes des  Centres d’excellences mis en place par le FAWE. Les jeunes sont organisés en clubs, ils apprennent à s’exprimer, a se défendre, à être sensibles au genre et à la nécessité d’une certaine parité au sein de la société. A ce jour, 5 écoles secondaires et collèges en plus de l’école FAWE de Linsan ont des clubs TUSEME fonctionnels (plus de 800 élèves).

Ces deux filles ont pu échapper au mariage précoce grâce au Centre d’excellence de Linsa car la communauté autour de l’école a participé à l’atelier de vision organisé par le FAWE et ils ont complètement adhéré à l’idée de la transformation de l’école en Centre d’excellence (une école plus sensible au genre et avec des atouts pouvant encourager et faciliter l’inscription et le maintien des filles à l’école).

Aminata et Amie étaient chanceuses, mais combien d’autres n’ont pas pu échapper à ce genre de destins en Guinée ou ailleurs en Afrique. Le combat doit continuer pour donner à toutes les filles la chance d’aller à l’école et de finir leurs études afin de gagner le combat de la parité du genre.

Par Fatoumata Thiam Diallo, Communication FAWE, Nairobi 
Mme. Ramatoulaye Diallo, coordinatrice nationale FAWEGUI

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